Le Denier de l'Église de l'Île-de-France

Interview Maison Chéret : atelier d’arts liturgiques

L’année dernière, le Metropolitan Museum of Art de New-York a réalisé une exposition sur l’influence du catholicisme sur la mode. Aujourd’hui, alors que la semaine de la haute-couture vient de se clore à Paris, nous partons à la découverte d’un atelier qui réalise des vêtements liturgiques depuis bientôt 100 ans.
Rencontre.

Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Claude Chéret, je suis dirigeante de la Maison Chéret: atelier d’arts liturgiques depuis 1982. J’ai une formation d’architecte d’intérieur en bureau d’étude.
Le père de mon mari, Maurice Chéret, a fondé cette maison en 1923, en posant un acte de Foi.

Comment avez-vous choisi votre métier ?
J’ai repris naturellement la société au décès de mon mari, Jean Chéret, fils du fondateur, en 1982. J’ai eu envie de reprendre l’atelier et de perpétuer les travaux réalisés par des artisans orfèvres, bronziers et tisserands. Notre atelier de chasublerie crée et fabrique nos propres modèles (chasubles, étoles, chapes, aubes, dalmatiques) et répond à toute commande spéciale et personnalisée.

Nous ne sommes pas seulement un atelier de confection. Notre premier métier est le travail du métal et nos artisans confectionnent: tabernacles, calices, patène, croix de procession, mobilier liturgique, objets épiscopaux, objets de communion etc.

En plus des supports de piété, nous proposons aussi des objets de décoration contemporaine.

Qu’est ce qui a changé entre les vêtements liturgiques d’hier et d’aujourd’hui ?
Il y a eu un avant et un après concile Vatican II. Les budgets attribués aux vêtements liturgiques ont beaucoup diminué ou disparu et nous avons du nous adapter.

Les coupes et les formes n’ont quasiment pas changé même si les vêtements liturgiques sont devenus plus simples. Ce qui a changé c’est la disparition progressive des broderies pour l’application de motifs au point bourdon (cf photo).

Maurice et Jean Chéret ont apporté un soin particulier à la chasublerie en sélectionnant des lainages de la maison Dormeuil par exemple et en faisant appel à des tisserands pour un résultat de grande qualité. Nous avons aussi travaillé la soie de Lyon mais plus rarement.

Combien de temps meton pour créer un vêtement liturgique actuellement ?
En fonction des matières et du modèle choisi, la fabrication d’une chasuble et de son étole coordonnée, est de un à deux mois.