Le Denier de l'Église de l'Île-de-France

Combien GAGNE un PRÊTRE ?

Les sujets “argent” et “religion” sont sûrement les plus tabous en France. Alors, si on en parlait ?! Combien gagnent-ils par mois ? Comment sont-ils logés ? Perçoivent-ils une retraite ?

Les sujets “argent” et “religion” sont sûrement les plus tabous en France. Alors, si on en parlait ?! Combien gagnent-ils par mois ? Comment sont-ils logés ? Perçoivent-ils une retraite ?

C’est le devoir de l’évêque de rétribuer et loger convenablement chaque prêtre de son diocèse. Le Denier de l’Église et le casuel (offrandes faites à l’occasion des baptêmes, mariages et sépultures) sont les principales ressources dont le diocèse dispose pour rémunérer les allocations des prêtres. En effet, on ne parle pas de “salaire” pour qualifier le revenu d’un prêtre, mais plutôt d’indemnités, car il n’a pas de contrat de travail.

Voir article : C’est quoi le Denier de l’Église ? Cliquez ici

Donc… Combien ?

En France, la rémunération moyenne des prêtres oscille, selon les diocèses, entre 730 et 1 100 euros par mois, en intégrant le traitement directement versé par le diocèse (environ 400 euros), les honoraires de messe et les avantages en nature (logement, chauffage et téléphone principalement). On peut donc effectivement parler d’un revenu modeste, proche du SMIC.

Comment le prêtre est-il logé ?

Heureusement, les prêtres n’ont généralement pas de loyer à payer ; le diocèse se charge de fournir une habitation décente à ses curés. En ville, il existe encore des paroisses où les prêtres vivent dans le même presbytère tout en desservant plusieurs lieux de culte.

Que dépense le prêtre ?

Comme chacun d’entre nous, nos prêtres sont confrontés à toutes sortes de dépenses pour subvenir à leurs besoins quotidiens : alimentation, vêtements ordinaires et vêtements liturgiques ; vie matérielle de la maison, documentation et livres nécessaires au travail pastoral…

Aussi, le nombre de fidèles diminuant, les regroupements des paroisses, notamment dans les campagnes, obligent certains prêtres à devoir gérer beaucoup de choses seul et à se déplacer souvent : préparation de la messe, baptêmes, mariages, etc. Il doivent donc investir une part conséquente de leurs indemnités dans les frais de déplacement : achat d’une voiture, entretien et réparations ; assurance et essence…

Un cursus de cadre

Vous connaissez beaucoup de professions qui nécessitent plus de 5 ans de formation, de travailler 6 jours sur 7 et dont la rémunération n’excède jamais le SMIC ? Ajoutons à cela qu’un prêtre commence souvent un parcours étudiant classique avant de répondre à sa vocation de prêtre. Autant dire que la majorité de nos prêtres, en se basant sur le nombre d’années d’études effectuées, pourraient être titulaires d’un doctorat !

Évidemment, nos curés n’ont pas choisi cette voie pour faire carrière ; ils sont au service de l’Église et de leurs paroissiens. Le prêtre est comme un père adoptif à qui est confiée l’assemblée. Sa mission est de rendre présent le Christ aux Hommes en célébrant l’Eucharistie, en pardonnant les péchés, en instruisant et en guidant le peuple vers Dieu. En gros le prêtre, c’est un messager de Jésus ! Pas trop bling bling donc.

Est-ce que les prêtres ont des augmentations ?

Contrairement au coût de la vie, le “salaire” d’un prêtre n’augmente pas. Les prêtres français, hors églises du concordat, perçoivent la même indemnité, quelle que soit la fonction (prêtre en paroisse, recteur de cathédrale, doyen, curé, vicaire…).

Et les évêques ?

Selon nos concitoyens, la situation des évêques paraît plus enviable. Ces perceptions sont sans doute, là encore, marquées par l’histoire : l’image d’un prêtre de paroisse pauvre, et d’une hiérarchie vivant dans les fastes semble avoir franchi les siècles…

Voir article : L’Église est-elle pauvre ou riche ? Cliquez ici

En fait, la réalité s’avère différente, puisqu’un évêque perçoit le même traitement qu’un prêtre. Nombreux sont les Français qui avouent d’ailleurs leur méconnaissance sur ce point. Il faut cependant reconnaître qu’un évêque, même avec un traitement égal, ne vit pas dans les mêmes conditions matérielles qu’un prêtre puisqu’il est logé dans l’évêché.

Peu de temps après avoir été nommé archevêque de Paris, Monseigneur Michel Aupetit déclarait :

“Ayant 65 ans depuis un an, je touche ma retraite de médecin,
ce qui assure les trois quarts de mon revenu mensuel.
Le dernier quart provient de la caisse de retraite des prêtres.
J’ai donc au total près de 1400 euros par mois.
Cela ne va pas changer, me semble-t-il. Je ne dois pas être une charge pour l’Église.”